Après l'épisode de la fermeture de la chaîne Atlas et les récentes censures sur Dzair TV et El Djazaïria TV, on se demande à quoi servent réellement les télévisions privées algériennes? Depuis des années, des patrons privés ont réclamé plus de liberté d'expression, plus d'ouverture politique et plus de débats sur le petit écran, on se retrouve aujourd'hui avec plus de 15 chaînes privées qui parfois n'apportent pas le succès escompté et les attentes voulues. Mis à part Ennahar TV qui a mis l'accent sur les événements de Béjaïa, la majorité des télévisions privées étaient branchées ailleurs ou totalement déconnectées de la réalité algérienne. Des émissions de divertissement sur Dzair TV, de la publicité sur Echourouk TV, des documentaires sur El Bilad TV et KBC, des débats en forme de one-man-show sur l'Index TV et Numidia News, des concerts de Phil Collins sur El Djazaïria TV, du football sur El Adjwa TV et des émissions religieuses sur Hoggar TV.
A quoi donc servent donc ces télévisions si elles passent à côté de l'événement médiatique et électoral de la journée de samedi dernier?
Même Wiam TV qui était censée faire le maximum sur le candidat Bouteflika n'a pas fait le suivi des événements malgré les moyens colossaux dont elle dispose.
Alors on se pose sérieusement la question sur l'objectif et la mission de certaines télévisions qui, visiblement, peinent à décoller. Désormais, on crée des télévisions privées comme on ouvre une supérette, mais on ne sait pas la remplir de produits ou la garnir pour attirer des éventuels clients. Cette stratégie de l'autruche adoptée par les télévisions privées dénote un manque flagrant de visibilité et surtout de puissance médiatique. Aujourd'hui, chaque chaîne refuse d'afficher sa véritable préférence politique ou son candidat favori de peur de se faire taper sur les doigts. Certaines chaînes comme certains quotidiens de la presse écrite ont choisi de voir ailleurs en attendant de voir plus clair le 18 avril.
Malgré l'adoption d'une loi sur l'audiovisuel et sa publication dans le Journal officiel, certaines chaînes privées, pour ne pas dire la plupart, ne se sont pas encore lancées dans l'aventure et ne savent dans quelle direction regarder ou aller. C'est le flou total dans leur unité centrale, démontrant une incapacité de changer les choses, provoquant une énorme panne dans leur petit esprit.
Cette panne de stratégie et de visibilité démontre, si besoin est, une absence de projet à long terme et une aventure sans tracée.
Il ne reste que six jours pour la fin de la campagne électorale et aucun candidat n'a pu tirer son épingle du jeu. Comme d'habitude, c'est la chaîne Ennahar TV qui a su tirer profit de ses relations pour se frayer un chemin dans le paysage audiovisuel algérien. Ce n'est pas le cas pour Echourouk TV qui vient de lancer une chaîne d'info, mais qui n'a offert aucune nouveauté ou exclusivité aux Algériens. Le plus étonnant, c'est le «no profil» de la chaîne El Bilad TV et de KBC, qui ont préféré commencer leur aventure à petits pas.


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