La société privée algérienne d'enseignement à distance EEPAD et le groupe français Canal Plus ont signé une convention pour la diffusion légale en Algérie de 52 chaînes de télévision, qui sont disponibles depuis 2 juillet dans les foyers sur Internet. L'annonce en a été faite à Alger par le directeur général d'EEPAD, Nouar Harzallah, en présence de responsables de Canal Plus ainsi que du ministère algérien des Postes et des Technologies de l'information et de la communication, ainsi que de l'Office national des droits d'auteur.
Jusqu'ici, les Algériens pouvaient pirater autant de chaînes qu'ils voulaient, mais avec une prédilection pour celles diffusant en français et en arabe et ce, dans l'illégalité la plus totale.
Le procédé consiste à se doter d'un démodulateur, vendu à 4.000 dinars (1 euro = 102 dinars), mais sans payer aucun droit aux détendeurs des bouquets satellitaires, ainsi que d'une parabole, comme on peut le voir presque partout à travers le pays. L'offre de l'EEPAD commence à partir de la possibilité de recevoir un minimum de 18 chaînes de télévision au coût de 2.499 dinars (TTC) par mois, y compris la ligne téléphonique et l'ADSL, alors que pour avoir 40 chaînes il faudra débourser mensuellement 2.700 dinars, contre 3.600 dinars pour 50 chaînes. Outre les télévisions algériennes, le téléspectateur pourra aussi accéder à des chaînes françaises généralistes, mais aussi à des programmes spécifiques sur le sport, les documentaires, la découverte, le cinéma, mais aussi des chaînes d'information et d'autres destinées à la jeunesse et à la musique.
Outre la réception des chaînes de télévision, il y a aussi possibilité d'accéder à des cours de formation scolaire, conformément à la vocation initiale d'EEPAD, ainsi qu'à 200 jeux et films. Cependant pour ces services, qui sont prépayés, il faudra disposer d'un crédit autonome en appelant une plate-forme à travers un numéro spécial. Pour l'instant, les services offerts seront disponibles dans 20 des 48 départements algériens, a dit le DG d'EEPAD, ajoutant que des essais ont déjà été effectués dans la région centrale du pays, mais aussi dans l'Est, dans l'Ouest et dans le Sud. L'objectif visé à travers cette offre baptisée "la solution Five Play" est de donner du contenu local aux internautes algériens afin de les inciter à ne pas consommer que des programmes mis en ligne par des étrangers.
Selon M. Harzallah, le défi pour l'Algérie n'est plus de vendre des ordinateurs ou de doter les foyers de l'accès à Internet, mais de leur offrir un contenu local. On rappelle que l'ex-ministre des Postes et des Technologies de l'information et de la communication avait évoqué, en mai dernier, la possibilité de rendre l'Internet gratuit aux Algériens tout en réduisant le prix de l'ordinateur portable à 10.000 dinars grâce à un contrat qui est toujours en négociation avec une société asiatique, alors que le prix actuel est quatre fois plus élevé.Le montage des ordinateurs est déjà une réalité depuis des années en Algérie, mais les patrons d'entreprise ne cessent de rechercher les moyens de comprimer leur coût afin de proposer le produit à un prix accessible au consommateur. Depuis quelques mois, l'Algérie a aussi réduit le prix de l'abonnement à Internet, faisant en sorte que la connexion de six mois coûte seulement 9.000 dinars pendant que le modem, lui, est cédé gratuitement.