Contrairement à ce que l'on pouvait penser, l'ouverture audiovisuelle pourrait se faire avant l'élection présidentielle 2014.
Le projet de loi relatif à l'activité audiovisuelle sera présenté enfin, pour examen, aux députés de l'Assemblée populaire nationale (APN) entre le 5 et le 8 janvier 2014 et son adoption est prévue pour le 20 janvier.
Cette décision intervient moins de trois ans après l'annonce du président de la République et peu avant le troisième anniversaire de la révolution arabe. L'annonce récente du renouvellement des autorisations pour les télévisions privées de la Communication par le ministre Abdelkader Messahel avait rassuré plusieurs responsables de chaînes. Mais cette loi pourrait néanmoins verrouiller certaines libertés déjà prises par certaines télévisions privées. C'est le cas notamment du traitement de l'information.
Si le projet de loi autorise la création de chaînes de télévision et de radio thématiques avec l'intégration d'émissions et de programmes d'information, il limite dans son article 17 les chaînes de radio et de télévision à intégrer des émissions et programmes d'information en fonction d'un volume horaire clairement défini dans l'autorisation d'exploitation. Cet article pourrait toucher directement la chaîne Ennahar TV qui est entièrement dédiée à l'information. Même chose pour les chaînes comme Echourouk TV qui espérait lancer une nouvelle chaîne d'info juste pour concurrencer sa soeur Ennahar TV.
La problématique de la télévision thématique va créer une grande interrogation chez les propriétaires de télévision privées. Le projet de loi qui prévoit 107 articles, présenté en octobre dernier par le ministre de la Communication, Abdelkader Messahel, devant la commission spécialisée de l'APN stipule en son article 5 que «les prestations de l'audiovisuel autorisées sont représentées par des chaînes thématiques». L'autre grande interrogation pour les propriétaires de télés privées c'est l'origine et le parcours des dirigeants de la chaîne.
Ainsi, comme pour la presse écrite, pour être éligibles à la création de prestations de l'audiovisuel thématique, les candidats doivent être de nationalité algérienne, mais aussi justifier d'un capital social «exclusivement national», de l'origine des fonds investis et de la présence de journalistes professionnels parmi les actionnaires. Pour les actionnaires nés avant juillet 1942, il est impératif de prouver ne pas avoir eu d'attitude hostile à la Révolution du 1er Novembre 1954. Un article qui ferme la porte à tout financement ou direction étrangère. Ainsi, les Algériens vivant en France ou ailleurs ne peuvent pas créer de télévision en Algérie, comme c'est le cas dans certains pays.
Le cahier des charges prévoit notamment, aux fins de l'article 48, les prescriptions de respecter les exigences de l'unité nationale, de la sécurité et de la défense nationales, de respecter les intérêts économiques et diplomatiques du pays, de respecter le secret de l'instruction judiciaire, les valeurs nationales et les symboles de l'Etat tels que définis par la Constitution, de respecter les exigences liées à la morale publique et à l'ordre public et d'offrir des programmes diversifiés et de qualité.
Le cahier des charges prévoit également la nécessité de s'assurer du respect des quotas de programmes fixés en veillant à ce que 60% de ceux diffusés soient des programmes nationaux produits en Algérie dont plus de 20% consacrés annuellement à la diffusion d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques. Une entreprise difficile qui n'est déjà pas respectée par la dizaine de chaînes qui passent par NileSat.

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