La situation est intenable pour certains propriétaires de chaînes privées. Depuis quelques jours, de nombreux propriétaires cherchent à vendre leurs chaînes de télévision par peur de mourir difficilement et endettés. La vente en effet de la chaîne d'El Djazairia TV pour plusieurs milliards de centimes a donné du tournis aux propriétaires des autres petites chaînes. Surtout que la situation financière du pays laisse à désirer. Comment vendre une télévision quand celle-ci n'a pas d'influence ou de présence dans le paysage audiovisuel algérien ou arabe? C'est la question que sont en train de se poser certains patrons de chaînes qui ont créé un média et qui se retrouvent endettés en raison de l'absence de publicité. La majorité des chaînes privées algériennes sont issues d'entreprises qui avaient lancé des quotidiens de la presse écrite.

Mais depuis quelque temps, au lieu de passer vers la presse numérique, ces patrons ont choisi de prendre un chemin inverse et compliqué, celui de l'audiovisuel. Un monde médiatique qui est lourd et qui demande beaucoup d'argent pour réussir. En pensant financers leurs télévisions avec la publicité de l'Anep, ces nouveaux patrons n'ont pas réalisé qu'ils allaient faire la plus importante erreur de leur carrière. Avec la chute du baril de pétrole et les restrictions budgétaires de l'Etat, 16 titres sur les 150 qui existent sur le paysage médiatique algérien n'ont pas été imprimés par la Société d'impression d'Alger où sortent de manière irrégulière. Cette situation a été causée par le manque de publicité publique. En effet, depuis presque une année, les insertions publicitaires publiques, via l'Anep, dans la presse écrite, se sont rétrécies comme une peau de chagrin, allant jusqu'à chuter à moins 40%, pour cause de diminution d'appels d'offres. Parmi les quotidiens qui n'ont pas été imprimés ou qui ont réduit leur impression à 16 pages, figurent de nombreuses entreprises qui ont lancé des télévisions parmi elles, Makam TV, Adjwa TV ou encore Salam TV. Or l'absence de bons gestionnaires et de visionnaires a poussé ces patrons à perdre beaucoup d'argent. Et contrairement aux quotidiens, les télévisions privées sont des entreprises budgétivores.

Le monde de l'audiovisuel en Algérie manque cruellement de bons gestionnaires ou de créateurs de chaînes. Certains patrons de télévisions privées croient qu'il faut seulement obtenir un signal sattelitaire et faire une télévision. De nombreux professionnels comme HHC, ex- DG de l'Entv et Samira Hadj Jilani, première femme directrice d'une chaîne de télévision privée en Algérie, Khalifa TV, ont hésité à lancer leur propre chaîne privée, car conscients que c'est une entreprise lourde et une charge difficile à assumer quand on n'a pas toutes les manettes dans la main.

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