mily: inherit">mily: inherit">mily: inherit">Vue d’artiste du futur satellite à propulsion tout électrique commandé par Eutelsat à Airbus Space systems. Copyright: Airbus DS



Le troisième opérateur mondial a commandé à Airbus Space Systems son premier satellite à propulsion 100 % électrique. Il sera lancé par Ariane 5 en 2017.


Eutelsat est au seuil d’une phase de croissance accélérée. «Notre chiffre d’affaires a augmenté de 2,6 % en 2013-2014, à périmètre constant. Ce qui est conforme à nos prévisions», déclare Michel de Rosen, PDG du 3ème opérateur mondial de satellites en commentant les résultats annuels publiés jeudi 31 juillet. «Cette année, nous prévoyons une hausse de 4 % de nos revenus, puis une croissance en moyenne supérieure à 5 % pour les deux exercices suivants. Nous accélérons car nous allons bénéficier d’une augmentation de nos capacités avec le lancement de sept nouveaux satellites sur la période 2014-2017», ajoute le PDG. Il précise que ce sont «les applications haut débit et internet mobile qui tirent la croissance dans tous les pays alors que la télévision et les données (data) sont les moteurs de celle des pays émergents».
L’exercice écoulé a marqué un tournant pour Eutelsat qui est passé d’une position de «groupe supra-régional avec une présence historique en Europe, Afrique et Moyen orient, à un groupe mondial». Cela, en entrant en Asie et en Amérique du Sud via la création d’Eutelsat Asia à Singapour et le rachat de l’opérateur mexicain Satmex ainsi que la commande d’un satellite de diffusions de chaînes de télévision, à grosse capacité pour le Brésil. «La somme des deux nous donne une masse critique en Amérique Latine», souligne Michel de Rosen.
Airbus Space Systems garantit un transfert à poste en 4 mois

Eutelsat a également annoncé avoir commandé son premier satellite télécoms à propulsion tout électrique à Airbus Space Systems, qui décroche son second contrat de ce type en quinze jours. Ce satellite sera lancé par Ariane 5 en 2017 et occupera la position basse sous la toute nouvelle coiffe de la fusée européenne. «Nous avons acheté un package auprès d’Airbus et d’Arianespacequi nous ont fait une offre extrêmement compétitive et optimisée en terme de rapport qualité-prix», souligne le PDG. «Airbus nous a garanti que le satellite mettrait 4 mois pour réaliser son transfert à poste, ce qui est rapide pour la propulsion électrique», précise Michel de Rosen. Airbus Space Systems et Arianespace ont démontré qu’ils savaient réagir et gagner face aux satellites de électriques de Boeing optimisés pour voler à bord du Falcon 9.
Via Satmex, Eutelsat a en outre deux autres satellites tout électrique en cours de construction chez Boeing. Ils seront lancés par SpaceX et son Falcon 9. Et mettront huit mois pour arriver à poste.
Les 7 opérateurs européens se concertent

Eutelsat ne se convertit pas pour autant au tout électrique. «L’arbitrage entre le tout électrique et la propulsion chimique se fera au cas par cas et dépendra aussi du calendrier des mises en services de nos futurs satellites», souligne Michel de Rosen. En tout cas, l’arrivée sur le marché de satellites 100 % électrique plus petits et moins lourds, est une des données clefs de l’avenir d’Ariane 5.
A l’initiative d’Eutelsat et de SES, les 7 opérateurs de satellites européens ont écrit aux industriels et aux agences spatiales (CNES, ESA) en les enjoignant «de ne pas oublier le client» au moment de décider de la configuration du successeur d’Ariane 5. Alors qu’agences et industriels travaillent cet été sur le projet Ariane 6, «les opérateurs se concertent afin que le client ne soit pas oublié», insiste Michel de Rosen.
«Il faut aller vite car SpaceX est une réalité. Il faut faire un énorme effort sur les coûts, il faut un lanceur qui soit le plus modulaire possible pour s’adapter à ce que sera le marché dans dix ans et enfin, il faut avoir en tête que les petits satellites font maintenant partie du paysage», développe le PDG qui salue le rapprochement Airbus-Safran dans les lanceurs.