Canal+ dans la tourmente, avec le départ d’une figure emblématique de la chaine, Yann Barhès, le créateur et présentateur du Petit Journal. Canal+ a indiqué que l’émission satirique reprendrait avec une nouvelle formule à la rentrée.

C’est un nouveau chamboulement dans les plages en clair. Le groupe n’a pas réduit le volume horaire du clair (5 heures par jour), mais il a tendance à retirer des émissions phares pour faire des économies. C’est notamment le cas du passage en crypté des Guignols ou encore le remplacement de la production du Grand Journal.

Un proche de Canal+ explique qu’ "à l’époque bénie où Canal+ se portait bien, il y a quelques années, le groupe avait beaucoup investi dans les plages en clair, pour en faire une vitrine. Mais aujourd’hui, alors que Canal perd de l’argent et que son avenir est en jeu sur l’accord avec BeIN, le clair est devenu une charge dans un contexte publicitaire plus difficile".
Changement de cap, l’idee, c’est que le meilleur soit réservé aux abonnés car toujours d’après ce proche, "il n’y a pas de lien direct entre le clair et les abonnements". Il y a aussi la publicité qui diminue. En 2015, les revenus de la publicité en clair représentaient 137 millions d’euros, contre une prévision de 110 millions d’euros cette année. En plus, l’audience des tranches en clair s’effondre. En début de soirée, la part d’audience est tombée de 5% sur la saison 2014/2015 contre 3,3 cette saison. L’audience du Grand Journal a chuté de moitié.

La question se pose : faut il supprimer le clair ? Le fait que Netflix s’associe a TF1 pour diffuser sa série Marseille rappelle que les offres payantes peuvent faire du clair un outil de promotion. Ensuite, au niveau de la réglementation, Canal+ prévoit 75% d’accès réservé aux abonnés, et si la chaine voulait modifier cela, elle devrait obtenir l’accord du CSA.
D’un point de vue éditorial, "les plages en clair sont le reflet d’un parti pris décalé, d’un esprit Canal. Les supprimer, c’est aussi une volonté politique de ne pas se mettre à dos annonceurs et politiques", relève un analyste. Même si la majorité des abonnements Canal sont souscrits pour le sport et le cinéma ou les séries, Natixis estime, dans une étude publiée fin 2015, que 10 % environ des abonnés ont été attirés par l’image de Canal et en particulier sur le clair. Des changements pourraient ainsi entraîner des désabonnements.
Source : Les Echos