Selon Le Point, l'Ina (Institut national de l'audiovisuel) ne sera plus seulement chargé des archives audiovisuelles. À la fin de l'année 2008, l'Ina TV, une nouvelle chaîne publique, sera portée sur les fonts baptismaux. Cette création, voulue par Emmanuel Hoog, président de l'Ina, a été validée par le gouvernement dans le plus grand secret. La chaîne sera dotée d'un budget annuel de 5,5 millions d'euros.

Surprise : Canal+ entre au capital d'Ina TV, qui, dans un premier temps, émettra 18 heures par jour, d'abord sur CanalSat, avant de voir sa diffusion étendue au câble et aux plates-formes ADSL. France Télévisions devrait également faire partie des partenaires. "C'est une première mondiale qu'un institut d'archivage devienne lui-même diffuseur", se réjouit Emmanuel Hoog.

L'idée d'une chaîne recyclant et contextualisant la mémoire audiovisuelle du pays n'est pas nouvelle. Le groupe NRJ et Vincent Bolloré avaient, chacun de son côté, puis ensemble, proposé une telle chaîne du patrimoine lors du lancement de la TNT. Le CSA avait écarté cette candidature conjointe, commettant là une erreur que l'Ina s'efforce aujourd'hui de réparer avec le concours de Canal+.

A cette date, la France sera le premier pays au monde à avoir sauvé de la destruction sa mémoire audiovisuelle.
Véritable gardien des archives de la télévision française, l'INA a totalisé trois millions d'heures de programmes au cours de ces 70 dernières années. Son site accueille chaque année 50.000 émissions supplémentaires. Une mémoire cathodique que l'institut numérise actuellement afin de la sauvegarder. L'opération devrait s'achever d'ici 2015.