Le 31 juillet, CanalSat tire la prise en Suisse

TÉLÉVISION | 00h49 L'offre de CanalSat était une aubaine pour ceux qui n'avaient pas accès au câble. Mais la société ne veut plus de ses clients suisses! Problème: villageois et campagnards n'ont plus qu'une alternative, ABBis. Explications et conseils pour éviter les marchands peu scrupuleux.
DANA HOFF / BEATEWORKS / CORBIS ET JOEL SAGET | SATELLITE: Ce type d'antenne parabolique permettait aux personnes n'ayant pas le câble de recevoir un choix de programmes plus étoffé que les simples chaînes nationales disponibles sur le réseau hertzien. Suite au rachat de TPS par CanalSat, les Suisses n'auront plus la possibilité de profiter des offres de cette dernière.




Environ 14% des ménages de Suisse romande reçoivent la télévision par satellite. Et désormais seules les personnes qui peuvent prouver qu'elles habitent réellement en France ont le droit de contracter un abonnement à CanalSat. Les Suisses et les Belges? Exit! Fini le marché gris pour eux.

La raison imputée par le groupe français est difficilement compréhensible: «CanalSat est en négociations avec les ayant droit, explique Ariane Esfandi, responsable presse pour le groupe. Nous nous devons de faire respecter les droits du contenu de nos partenaires. Et dire que CanalSat n'est plus disponible en Suisse est faux, car l'offre a toujours été réservée à la France métropolitaine. A ce stade, seul Canal Plus Le Bouquet est disponible en Suisse. On verra ce que l'avenir nous réserve, et si un bouquet CanalSat pour la Suisse voit le jour, mais l'intérêt de CanalSat est évidemment d'avoir de nouveaux abonnés.»
Un discours pas franchement optimiste, qui tranche avec celui de la succursale helvétique de Canal Plus. «On aimerait pouvoir proposer cette nouvelle offre cette année, reconnaît Christel Deshaie, chargée de communication. Si les tractations prennent du temps, c'est qu'il faut négocier les droits pour chaque chaîne ou presque.» La Suisse espère, la France tempère. Il s'agit d'un secret de Polichinelle, mais si le grand frère parisien fait traîner les choses, c'est parce qu'il ne veut pas payer les droits pour l'ensemble du territoire, conscient que son offre n'intéressera que les francophones.
Pas un gadget, le satellite

L'an dernier à pareille époque, les Romands qui souhaitaient recevoir la télévision par satellite avaient presque l'embarras du choix. TPS, CanalSat ou ABSat, tel était le triptyque hexagonal et, par extension, romand. Un an après, bon nombre de choses ont évolué. TPS, avalé par CanalSat, s'arrêtera le 31 juillet, et ABSat se nomme désormais ABBis.
Les abonnés de TPS, logiquement, ont été redirigés sur l'offre de CanalSat. Pour la France, pas de souci. Mais, pour la Suisse, tout s'arrête brutalement, même pour ceux dotés d'un abonnement en cours.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le satellite a son utilité. La logique voudrait que la TNT et le câble rendent les paraboles obsolètes. Eh bien, non. Le relief du pays, auquel on peut ajouter certaines communes allergiques au téléréseau, fait que le satellite s'avère indispensable pour qui souhaite bénéficier d'une offre plus étoffée que les quelques chaînes nationales, disponibles sur le seul réseau hertzien. Et les différents abonnés à ces services sont plusieurs milliers sur le territoire.