Le tumultueux épisode El Jazeera dans le dernier tour de la zone Afrique des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 servira-t-il à interpeller les consciences et à exhorter les télévisions du continent africain à s'unir, une fois pour toutes, afin de mieux jouir de leur droit à l'image et à préserver leurs souveraineté et intérêts des convoitises et des diktats en tous genres comme celui de la chaîne de Télévision qatarie et de son nébuleux fournisseur Sportfive ? Sportfive, pour les non-initiés, a vu le jour en décembre 2001 sous la férule d'un magnat bien connu dans le monde du «foot-business», en l'occurrence Jean Claude Darmon qui compte beaucoup d'amis dans le continent africain et dans le monde arabe, y compris chez nous en Algérie.
Et c'est d'ailleurs lui qui a posé les premiers jalons des relations avantageuses qu'allait entretenir Sportfive avec la Confédération africaine de football.
Et même si Darmon quitte Sportfive en 2004, la compagnie continue de faire des affaires de plus en plus juteuses jusqu'à intéresser Jean Luc Lagardère qui rachète Sportfive, en 2006, pour 865 millions d'euros.
Ce qui va amener cette entreprise à déployer ses ailes à travers le monde avec quelque 500 collaborateurs présents dans 14 pays et les 5 continents dont l'Afrique qui est un terrain privilégié pour le groupe Lagardère Unlimited.
Ce groupe porte d'ailleurs bien son nom puisque son appétit est vraiment illimité lorsqu'il s'agit de droits TV dans le continent africain et surtout depuis qu'il s'est mis en cheville avec la chaîne El Jazeera à laquelle il a cédé les droits des dix derniers matches barrages de la zone Afrique pour la modique somme de 5,5 millions de dollars, excusez du peu.
Les Qataris se sont, évidemment, fait un plaisir de réaliser la plus- value du siècle en connaissant tout l'engouement des populations africaines lorsqu'il s'agit de l'ultime phase menant à la Coupe du monde.
Et c'est sans aucune pudeur qu'El Jazeera, s'estimant forte de sa jouissance, fixe le droit de retransmission du match à 1,5 million de dollars avec en sus une exigence péremptoire dépassant totalement le cadre sportif, à savoir l'ouverture de ses officines de propagande dans les pays pointilleux sur leur souveraineté.
Pour ce faire, la chaîne qatarie a bénéficié de pas mal d'appuis occultes au sein des instances du football en Afrique et cela ne fait plus l'ombre d'un doute, surtout lorsqu'on voit avec quelle impertinence la chaîne cryptée du Golfe brandit la menace de poursuites envers les Télévisions africaines qui ont enfin compris qu'il est temps de se libérer de cette hégémonie.
Un affranchissement qui passe inexorablement par une organisation et une position uniforme et inflexible des Télévisions du continent africain qui doivent impérativement faire entendre leur voix auprès de l'instance du football africain, la CAF.

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