Le Conseil de la concurrence vient de livrer une étude sur « la concurrence dans le secteur audiovisuel » qui fait état des grosses lacunes du Maroc en la matière. Vu la prééminence des chaines étrangères sur les nationales, l’instance estime que l’ouverture du marché aux chaines privées est une urgence, dénonçant le « monopole » exercée par les télévisions publiques.



Verra-t-on bientôt des chaines de télévision privées au Maroc ? En tout cas, c’est ce que souhaite le Conseil de la concurrence (CC) qui vient de réaliser une étude sur « la concurrence dans le secteur audiovisuel ». L’étude, dont les résultats ont été présentés à Rabat mardi 24 septembre, démontre « le besoin de création de nouvelles chaînes de télévisions marocaines qui pourraient attirer les parts d’audience occupées par les chaînes étrangères ».
D’après l’étude en effet, les chaines étrangères règnent en maitresse sur le marché de l’audiovisuel au Maroc. Ce constat qui n’est pas nouveau puisque la question a fait l’objet de multiples études et débats. Mais les données chiffrées contenues dans l’étude du CC parlent mieux. Au 21 mai 2013 en effet, ces dernières affichent un taux d’audience de 58,2%. Les nationales, quant à elle, se partagent le reste. Cela revient à dire qu'environ six Marocains sur 10 regardent les chaines étrangères.

Les chaines publiques monopolisent le marché sur le plan national
Outre la prééminence des chaines étrangères, le CC dénonce le « monopole » exercé par les chaines du pôle public sur le plan national. En effet, sur les 41,8% de taux de couverture que se partagent les télévisions marocaines, 2M s’accapare, à elle seule, 28,3%, contre 6,1 pour Al Oula, 4,5 pour Al Maghribia et seulement 3% pour les autres télévisions nationales, dont Medi1TV.
Dans son étude, le CC impute l’état actuel du secteur à la décision prise en 2009 par la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel (HACA) de suspendre l’ouverture du marché de la télévision à la concurrence. Après analyse de toutes ces données, l’étude insiste sur « la nécessité d’ouvrir le marché de la télévision aux initiatives privées et à la concurrence ».
Le pari est de booster la qualité des programmes qui a, pendant longtemps, été le talon d’Achille de la télévision marocaine. Mais là encore, faudrait-il que la HACA revienne sur sa décision de 2009. Le marché publicitaire avait été jugé trop faible pour accompagner l'essor de nouvelles chaines privées. La situation a-t-elle changée aujourd'hui ? Les chaînes publiques réussiront-elles à préserver leurs recettes publicitaires ?

La Radio, meilleur élève que la télévision
D’après l'analyse concurrentielle réalisée par le CC dans son étude, la radio est meilleur élève que la télévision en matière de concurrence. En effet, « le principe de multiplicité de l’offre est respecté au niveau du marché de la communication radiophonique, chez 15 radios du pôle public et 14 radios privées, explique l’étude ajoutant que « ce constat appréciable est un indice de compétitivité en faveur de la concurrence ».

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