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Dilapidation de deniers publics, abus de biens sociaux… tel est le contenu de l'accusation portée par le chef du groupe parlementaire du PJD. La Cour des comptes va être saisie. Le PDG dément.


C’est une bombe qui explose dans le champ audiovisuel du pays. La chaîne publique de télévision tangéroise, Médi1 TV, détenue majoritairement par le bras financier de l’Etat, la CDG, va être passée au crible par les enquêteurs de la cour des comptes... à la demande du groupe parlementaire du PJD qui lance des accusations graves contre la direction de la chaîne.
L’information est confirmée à Médias 24 par Abdellah Bouano, président du groupe parlementaire du PJD. C'est lui-même qui a signé la demande de saisie de la cour des comptes au président de la chambre des représentants. «Ce dernier a validé notre demande d’ouverture d’une enquête par la cour des comptes. Le dossier de Médi1 TV est actuellement entre ses mains», nous affirme-t-il.
A la lecture de cette lettre (fac-similé), c’est réellement une onde de choc. Adressée au président du parlement, datée du 14 octobre dernier, elle a pour objet une demande de transfert du dossier de la chaîne télévisée à la cour des comptes.

Les demandeurs, en l’occurrence les membres du groupe PJD au parlement, se fondent sur l’article 148 de la constitution. L’article stipule en substance que: «la cour des comptes assiste le parlement dans les domaines de contrôle des finances publiques. Elle répond aux questions et consultations en rapport avec les fonctions de législation, de contrôle et d'évaluation, exercées
par le parlement et relatives aux finances publiques».
Toutefois au regard des accusations portées (et non étayées à ce stade) à l’encontre des responsables de la chaîne, pourquoi ne pas recourir à une procédure judiciaire traditionnelle, notamment à travers une enquête de la Brigade nationale de la police judiciaire, BNPJ ? A cette interrogation, la réponse de Abdellah Bouano est sans équivoque : «ce n’est pas notre rôle en tant que parlementaires. Nous optons pour la voie offerte par la Constitution».
Le groupe PJD demande donc une audit des comptes de Médi 1 TV, en signalant ce qu’il appelle des dysfonctionnements ainsi que la signature de contrats avec des sociétés de sécurité et de nettoyage, dont le directeur financier de la chaîne de Tanger serait actionnaire.
Le PDG de la chaîne est accusé de train de vie dispendieux au détriment de l’entreprise, on cite une maison de location à Rabat pour la somme annuelle de 1,44 millions de DH. A Tanger, il est accusé d’avoir occupé une suite dans un hôtel luxueux, dont la nuitée s’élève à la somme de 25.000 DH.
Il est également reproché à la chaîne d’avoir «organisé, pour un montant de 2 millions de DH, un événement à l’occasion du match ayant opposé l’équipe du Raja à celle du FC Barcelone».
Des accusations que le principal concerné, Abbas Azzouzi, le patron de Médi 1 TV a vite fait de balayer d’un revers de la main, dans des déclarations à Médias 24: «le groupe PJD a saisi le président du parlement sur la base d’accusations mensongères pour demander la saisine de la cour des comptes», nous répond-il. Et d’ajouter: «nous pouvons prouver l’infondé de ces attaques. Nous allons poursuivre toutes les personnes qui relayent ces accusations diffamatoires. D’ailleurs, nous avons dès aujourd’hui porté plainte contre certains supports ayant affirmé des faits non avérés et c’est au procureur de diligenter une enquête».
Affaire à suivre...

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