Un groupement rassemblant des représentants de la presse, des radios et des Chaine de la TNT, a demandé au gouvernement de revoir sa copie sur l'assouplissement des règles de diffusion de la publicité à la télévision, craignant une "dérégulation brutale" au profit de TF1 et M6. Dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public, le gouvernement doit examiner mercredi en Conseil des ministres la transposition dans le droit français d'une directive européenne sur la diffusion de la publicité. Cette directive, baptisée SMA, prévoit notamment de relever la durée de la publicité sur les chaînes hertziennes de six à neuf minutes par heure et d'autoriser une seconde coupure publicitaire pendant les films et les fictions. Selon le "groupement pour le pluralisme des médias", ces mesures vont permettre à TF1 et M6, "qui bénéficient déjà de près de 70% du marché publicitaire à la télévision", d'absorber la majeure partie de la manne publicitaire issue de l'arrêt progressif de la publicité sur France Télévisions à partir janvier 2009, selon les voeux du président de la République. "TF1 et M6 viennent d'annoncer qu'elles baissaient leurs tarifs en journée. La captation des budgets publicitaires des autres médias a commencé", a déploré Pascale Marie (Syndicat de la presse magazine et d'information). "C'est la pire période pour assouplir" les règles de diffusion de la publicité, alors qu'avec la crise financière les recettes publicitaires de la presse magazine sont "sur une tendance de -3% fin 2008 et -2,5% en 2009", a-t-elle ajouté. "C'est une dérégulation d'une brutalité historique", a renchéri Jean-Paul Baudecroux (NRJ Group). Il étudie la possibilité d'un recours devant le Conseil de la concurrence, estimant que la baisse des tarifs constitue une "tentative d'éviction" des chaînes de la TNT. "Certains de nos médias vont se retrouver en situation critique au moment même où il faudrait investir", a également déploré Constance Benqué (SIRRP, syndicat des régies de radios privées). Le groupement demande au gouvernement de "faire un dosage et un séquençage dans les trois ans qui viennent", c'est-à-dire d'étaler dans le temps le passage de 6 à 9 minutes de publicité et reporter la seconde coupure.