Eric Denoyer, le PDG de Numericable, à l'occasion de la présentation des résultats de l'entreprise, le 12 mars | © MARLENE AWAAD / IP3 POUR LE MONDELe Conseil de surveillance de Vivendi a choisi, samedi 5 avril, « à l'unanimité », deretenir l'offre de Numericable et sa maison mère Altice au détriment de celle deBouygues.

mily: arial">Lire : SFR : Vivendi a choisi Numericable plutôt que Bouygues
mily: arial">« Au terme de débats approfondis, le Conseil de surveillance a décidé, à l'unanimité, de retenir l'offre d'Altice-Numericable, qui correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, et répondant le mieux aux objectifs de Vivendi, a déclaré le groupe dans un communiqué. Cette décision met un terme au projet de mise en Bourse de SFR. »
MONTEBOURG VA « REDOUBLER DE VIGILANCE »
« Le Conseil de surveillance a entendu le rapport du Comité spécial mis en place pour étudier les différentes options offertes à Vivendi. Ce Comité, assisté de sespropres conseils, a analysé les offres d'Altice-Numericable ainsi que celles du groupe Bouygues au cours de huit séances de travail tenues tant à huis closqu'en présence de l'ensemble des conseils [banquiers et avocats] », a-t-il poursuivi.
Dans un communiqué, Bouygues a indiqué prendre acte de la décision et souligne que « son projet présentait les garanties les plus sérieuses tant du point de vue industriel que de l'emploi et de la pérennité de la structure financière du nouvel ensemble ».
Suite à cette annonce, le ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, a affirmé qu'il entendait « redoubler de vigilance » sur les engagements pris en terme d'emploi par Altice et Numericable. L'emploi a été au coeur des tractations sur le dossier et dans ce cadre, le président d'Altice, Patrick Drahi, s'est engagé « à ne pas licencier, à conserver 8 500 emplois chez SFR et 2 400 chez Numericable, et même à recruter des commerciaux pour le marché des entreprises ».


« Alors que se profile une consolidation inéluctable à l'échelle européenne, il est indispensable de renforcer les opérateurs de télécommunication français », a souligné M. Montebourg. Selon lui, « ce secteur en plein développement doit créerde la richesse et doter la France des technologies d'avenir dans les télécoms ».
« Le gouvernement demande à cet égard au groupe Numericable de se placerdans le cadre du plan France très haut débit, de clarifier ses objectifs à cet égard, et de faire preuve de patriotisme économique pour le choix de ses fournisseurs », a ajouté M. Montebourg. « Les engagements d'investissement de SFR dans la fibre à domicile doivent être maintenus par Altice et Numericable », a-t-il conclu.
LUTTE ACHARNÉE
Bouygues et Altice-Numericable mènent depuis début mars une lutte acharnée pour convaincre Vivendi de leur céder SFR, deuxième opérateur français. Alors que Numericable était en pourparlers avec Vivendi depuis de longs mois, Bouygues a publiquement annoncé son intérêt pour SFR, ce qui a amené Numericable à renchérir.
Mais, le 14 mars, Vivendi a tout de même annoncé qu'il entrait en négociations exclusives avec le câblo-opérateur avec comme date butoir le 4 avril, sur la base d'une offre qui prévoit un paiement de 11,75 milliards d'euros pour Vivendi, ainsi que l'attribution de 32 % du capital de la nouvelle entité.
Malgré ce camouflet, Bouygues, opiniâtre, n'a pas baissé les armes et a, au contraire, amélioré peu à peu son offre pour atteindre 15 milliards d'euros en numéraire, et 10 % du nouvel ensemble pour Vivendi, dans une dernière offre annoncée vendredi matin et valable jusqu'au 25 avril.