«Lorsque j'ai acheté la chaîne égyptienne OnTV à Naguib Sawiris fin 2012, nous étions convenus qu'il deviendrait actionnaire de mon holding Prima TV, qui détient un bouquet satellite, le distributeur Eagle Pictures et la société de production Lux Vide. C'est ce qu'il a fait en apportant 90 millions d'euros en avril 2013»

Après plusieurs mois de silence, l'un des principaux actionnaires de Nessma TV, le producteur franco-tunisien Tarek Ben Ammar a «enfin» réagi sur le magazine Jeune Afrique au sujet de l'avenir de la télévision privée tunisienne. Il a déclaré que sept ans après son lancement, les actionnaires de Nessma (Tarak Ben Ammar avec 46%, Mediaset 30% et Nabil Karoui 24%) avaient investi plus de 50 millions d'euros sans pouvoir récupérer l'investissement. Il précise que l'année dernière, le groupe audiovisuel Nessma TV devait réaliser ses premiers bénéfices, mais l'exercice, clos fin décembre 2013, s'est encore soldé par une perte de 900 000 euros environ, selon son principal actionnaire, Tarek Ben Ammar. Ce dernier a expliqué ce que nous avons toujours écrit dans nos colonnes à plusieurs reprises et confirme que les conséquences de la Révolution survenue, il y a trois ans, avaient bouleversé les plans établis par les associés de la chaîne. Il ajoute que le groupe devait réaliser un profit de 2 millions d'euros, mais l'assassinat de Mohamed Brahmi a complètement déstabilisé le marché publicitaire, en plein Ramadhan. Il ajoute à cela que malgré ses efforts, la chaîne Nessma, à vocation maghrébine, n'avait pas trouvé encore son public en dehors de la Tunisie.
Le 22 avril 2013, le groupe avait lancé trois grilles de programmes afin de mieux toucher les différents publics maghrébins, la verte à destination de l'Algérie, la rouge à la Tunisie et dans une moindre mesure à la Libye, et la bleue à la France. Mais cette stratégie n'a pas porté ses fruits puisque cette tentative, si elle n'a pas tourné au fiasco, n'a pas rencontré le succès escompté, affirme le magazine Jeune Afrique, qui reprend nos arguments dans le dossier Nessma TV. Il reprend nos informations concernant la concurrence en Algérie des chaînes privées d'Ennahar TV, d'Echourouk TV et de Dzair TV et reprend notre exclusivité sur la résiliation des contrats de collaborateurs basés à Alger qui n'avaient pas été renouvelés. Dans sa déclaration M.Ben Ammar a indiqué aussi que la chaîne a trouvé sa place dans le paysage tunisien, se classant troisième fin 2013 avec 21,3% d'audience quotidienne, derrière la chaîne publique El Wataniya 1 et sa rivale privée Ettounissiya. L'homme d'affaires franco-tunisien semble découragé quant à la capacité d'implantation de la chaîne en Europe: «L'an dernier, nous avons validé le concept Nessma en France. La chaîne est depuis disponible sur les bouquets de Free, d'Orange et de SFR. L'accueil est très bon. Par ailleurs, il y a entre 6 et 7 millions de Maghrébins dans l'Hexagone et personne ne s'adresse à eux.» A la fin de cette intervention, durant laquelle il n'a pas dit un mot sur Nebil Karoui et ses ambitions politiques, Tarek Ben Ammar envisage, dans un premier temps, la création d'émissions de débat à l'occasion du Ramadhan. Via son bouquet de chaînes free, l'homme d'affaires compte aussi diffuser Nessma en Italie. Il promet, ainsi, une année 2014 passionnante pour ses chaînes avec trois élections majeures en Algérie, en Égypte et en Tunisie. Des projets qui risquent de ne pas voir le jour du moment que la chaîne s'est volontairement retirée du champ politique algérien et ne diffuse aucune information sur l'actualité algérienne, contrairement à ce qu'elle avait fait durant les législatives de 2012.

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