Bonjour mes amis, j'étais absent pour une longue période pendant laquelle je recherchais du lait.Pour cela, je suis revenu sur ce forum avec ce gentil billet sur ce produit tant convoité et tant désiré.

La vache à lait

Tu hantes mon esprit de jour comme de nuit. Tu est devenu ma raison de survivre dans mon pays pas comme les autres. Je passe mon temps à scruter l’horizon dans l’espoir de voir apparaitre un éventuel sac (sachet) de lait de quoi subsister jusqu’au jour suivant. Plus tu deviens rare plus ton gout devient irrésistible pour mon pauvre palais qui risquerait de s’assécher. J’ai décidé d’aller quémander quelques millilitres de ce produit devenu précieux et si rare chez mon cousin agriculteur . Malheureusement, il ne lui restait qu’une vache tellement décharnée et cadavérique qu’on aurait dit qu’elle avait séjourné dans un pays touché par la famine. Elle me regardait d’un œil triste et inquisiteur. Elle ne produisait presque plus de lait. Pourtant, elle fait tout son possible pour satisfaire la demande qui pèse sur elle. C’est une lourde responsabilité pour cette vache desséchée et affectée par l’usure du temps et de l’âge. La pauvre, la tristesse et l’inquiétude se lisent dans son regard ; elle sait qu’elle va terminer ses jours chez le boucher du coin. Triste sort réservé pour cet être qui a tant donné de litres de lait et qui avait mis bas tant de veaux. L’homme est amnésique, cupide, ne s’intéressant qu’à son profit et n’éprouve aucune compassion pour les autres. Pour ma part, je doit changer le contenu de mon petit déjeuner en me contentant d’une tasse de café ou le cas échéant d’une tasse de thé tant que la pénurie ne touche pas encore ces deux boissons.
Revenant un peu à la réalité. Comment un pays aussi riche que le nôtre et de surcroit il a épuré toutes ses dettes extérieures, se retrouve ainsi en pénurie de lait. Certains fatalistes vous diront que les pénuries sont monnaie courante chez nous et que lorsqu’elles disparaissent à jamais de notre paysage que cela devient anormal. D’autres, diront que nos vaches sous alimentées ne peuvent plus faire face à la demande croissante de ce breuvage qui constitue un aliment de base surtout pour nos progénitures .Une autre hypothèse pourrait en etre la cause :la population de notre pays s’est dupliquée en quelques mois. Chacun de nous a fabriqué son propre clone. Même cette pauvre vache n’y comprend rien. Pourtant, elle n’est pas folle. Elle n’a jamais gouté aux farines animales ; sa nourriture est bio et halal. Maintenant qu’elle ne produit plus de lait, elle aurait souhaité devenir une harraga pour prendre le chemin de l’exil, non pas vers l’Europe qui fascine et attire nos jeunes mais vers l’Inde où elle sera respectée et même vénérée. Ainsi elle terminerait ses jours en toute dignité. La pauvre bête, comme nous, elle endure en silence toutes ces conjonctures douloureuses que nous inflige ce pouvoir et est aussi comme nous soumise à une sorte d’embargo social, culturel, économique et sexuel.
On n’est pas un pays comme les autres et d’après nos bien-aimés responsables, notre pays se porte à merveille. Aucun problème, sauf celui du lait qu’il résoudrait en faisant la traite de tous les ovins et bovins mâles et femelles. D’ailleurs, un ancien président avait dit cette phase célèbre : < un pays qui n’a pas de problèmes n’est pas un pays, dieu merci notre pays n’a aucun problème>. Deviner la suite. Cette phrase était même approuvé par son entourage. Ce fameux président a été forcé de céder le siège, mais son entourage est toujours aux commandes.
J'ai assisté à des scènes de dispute et de querelles pour s'octroyer un sac de lait! Triste réalité pour notre pays qui se dit en voie de de développement. Je dirai toz et retoz comme l'avais dit Fellag dans un de ses sketchs. On continue par se faire berner et bercer par les paroles mielleuses de nos chers aimés les responsables; ceux-là qui détiennent le savoir, en nous prenant pour des tarés congénitaux. Laman tahki zaborak ya si Daoud. On va leur laisser ce pays pour lequel il semblerait qu'ils détiennent un acte de propriété établi par un notaire imaginaire.
Pourquoi s’obstine-t-on à importer à coup de millions de la poudre de lait ainsi que des matières garasses qu’on mélange pour nous vendre ce breuvage qu’est ce fameux lait conditionné dans des sacs de plastoche made in Algeria ? On arrive toujours pas en avoir notre propre autosuffisance alimentaire ne serait qu’en lait et se vante d’avoir épuré toutes nos dettes et même d’engendrer un excédent en entrée de devises. Même le plus grand des économistes de ce monde n’y comprendrait rien en cette analyse financière.
Mon cerveau commence par me jouer des tours par manque de lait . Je suis conditionné par la prise quotidienne d’un bon nass nass ( moitié lait, moitié café). Je vais prendre mon mal en patience et continuer d’arpenter les rues à la recherche du moindre sac de lait en se disant que je vis à l’ère de la vitesse, des avancées technologiques, de la mondialisation, de la puissance des illuminatis et du groupe Bilderberg . Moi et cette vache on est liés par cette histoire de lait. Elle ne peut plus en produire et moi, je n’arrive toujours pas à en trouver. Je prendrais ma plume sergent-major pour suivre la voie de mes amis les harragas. A bientôt .