<b>Plus de 1,7 milliard de dollars exportés annuellement d’une manière illégale

La corruption, l’évasion fiscale et les opérations délictuelles coûtent cher à l’Algérie, selon le dernier rapport de Global Financial Integrity (GFI), un organisme américain réputé sérieux. GFI compte parmi les membres de son conseil de célèbres juges et avocats, comme la Française Eva Joly.
Entre 2000 et 2008, l’Algérie a exporté d’une manière illicite 13,6 milliards de dollars, soit 1,7 milliard de dollars par an selon le GFI. Ces sommes sont issues de diverses opérations liées à la corruption, évasion fiscale et aux opérations délictuelles réalisées en Algérie. Elles ne tiennent pas compte des différentes commissions versées à l’étranger par des groupes internationaux en échange de contrats publics ou de surfacturation de produits et services pour les opérateurs privés. Elles ne tiennent pas compte non plus des sommes transférées légalement par les multinationales implantées en Algérie pour contourner les nouvelles lois économiques mises en place par le gouvernement depuis 2009.

L’Afrique du Nord est la région qui enregistre le plus fort taux de croissance de sortie illicite de capitaux, note le GFI. Cette situation entrave la capacité de ces pays dont l’Algérie à développer l’économie et stimuler le marché de l’emploi. Selon le rapport de GFI, de 1970 à 2008, l'Algérie, l'Égypte, la Libye, le Maroc et la Tunisie ont collectivement perdu plus de capital par habitant que tout autre groupe de pays africains.

Pour l’Algérie, ces transferts posent le problème de la compétence de la Banque d’Algérie. Malgré les mesures sévères prises par l’institution monétaire, les transferts illicites de devises à l’étranger se poursuivent. Cette situation illustre également l’échec des mécanismes d’assèchement du marché parallèle de devises.

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