L’Angleterre a déjà un lourd passif d’arsenal juridique en tout genre visant à limiter les effets du piratage de masse. La police Londonienne vient de trouver un moyen qu’elle juge imparable pour pousser les sites de Torrent proposant des contenus illégaux à se mettre en conformité avec la loi…ou mourir. Le raisonnement est simple; puisque ces sites vivent aussi des revenus publicitaires, les autorités mettront en place des bannières surgissantes (ou fenêtres pop-up) avertissant l’utilisateur des dangers qu’il encourt à continuer à visionner des vidéos pirates. Bien sûr, ces publicités là ne feront pas gagner un centime au site.

Cette mesure vise à « éduquer » le citoyen britannique au respect de la propriété intellectuelle, ce qui aura peut-être des effets sur le piratin occasionnel mais sans doute beaucoup moins sur le flibustier au long cours des mers du web, habitué à maquiller ses traces. Les mesures de rétorsion ne s’arrêtent pas là; le site incriminé recevra de son côté une missive l’enjoignant à se conformer à la loi dans un délai de quelques semaines, sans quoi l’enregistrement de nom de domaine sera suspendu, ce qui signifie en théorie purement et simplement la mort du site en question.
Si la lutte contre le piratage est légitime, il semble que les moyens d’y faire face aboutissent le plus souvent à renforcer l’arsenal technologique des pirates et les systèmes de protection des sites. On voit mal dans le cas présent ce qui pourrait conduire à une autre issue. La conséquence sans doute logique de ce coup de force de la Police de Londres risque de se solder par une « délocalisation » des enregistrements des noms de domaine, ou la déclaration de ceux-ci sous namecoin, empêchant de facto tout blocage administratif ou par décision judiciaire. Reste que la partie « publicité » anti-fraude est intéressante dans la mesure où elle se substitue aux publicités habituelles qui garantissent des ressources financières à ces sites. Couper les cordons de la bourse, voilà qui est sans doute plus efficace que vouloir couper l’accès au site lui-même. En France, les envois massifs de messages d’avertissement de la Hadopi ont tout de même réussi à faire reculer sensiblement le piratage: les anglais connaîtront-ils eux aussi « la peur du gendarme » ? les info sont de aout 2014