/> En réponse à une campagne sur Internet, des milliers de Norvégiens se sont donnés rendez-vous sur une place proche du palais de justice, à Oslo. Photo : AFP





La Norvège chante contre Anders Breivik

Plus de 40 000 personnes se sont rassemblées à Oslo pour entonner une chanson haïe par Anders Breivik. Un signe de défiance envers l'extrémiste de droite.



La Norvège retombe en enfance. Bravant la pluie, des milliers de personnes se sont rassemblés jeudi 26 avril à Oslo pour entonner en coeur la chanson "Enfants de l'arc-en-ciel" du célèbre chanteur de comptines Lillebjoern Nilsen. Vendredi, l'extrémiste de droite Anders Breivik s'en était pris à l'artiste et à cette chanson, affirmant devant la cour que le premier était "un très bon exemple de marxiste ayant infiltré les milieux culturels" et que la seconde était un texte-type servant au "lavage de cerveau des écoliers norvégiens".

En réaction à ses propos, deux Norvégiennes ont lancé une campagne sur Facebook : elles ont appelés leurs compatriotes à "se réapproprier la chanson" et à venir l'interpréter publiquement à quelques centaines de mètres seulement du tribunal où Breivik est jugé. "J'ai senti qu'on piétinait une chanson avec laquelle j'ai grandi et que je chante à mon enfant", a expliqué l'une des personnes à l'origine de cette initiative, Lill Hjoennevaag, à la télévision NRK. L'artiste Lillebjoern Nilsen et le ministre de la Culture ont même annoncé leur participation au rassemblement. D'autres événements de ce type sont prévus dans le reste de la Norvège.
Adaptation de My rainbow race de l'artiste américain Pete Seeger, la chanson est très populaire dans le pays. Son refrain est même connu de chaque norvégien : "Ensemble, nous allons vivre, chaque frère et chaque soeur, petits enfants de l'arc-en-ciel et d'une terre fertile". Le 22 juillet 2011, Anders Breivik avait tué 69 personnes en ouvrant le feu sur des centaines de jeunes travaillistes réunis sur l'île d'Utoeya. Il avait fait exploser quelques heures auparavant une bombe près du siège du gouvernement dans la capitale norvégienne, faisant huit premières victimes. S'il reconnaît les faits, l'homme de 33 ans refuse de se déclarer coupable au sens pénal, qualifiant son geste d'"attaques préventives contre les traîtres à la patrie" coupables, selon lui, de livrer la Norvège au multiculturalisme et à "l'invasion musulmane".


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