L'UE a fixé lundi un calendrier pour bannir progressivement des maisons les ampoules traditionnelles (de 25 à 100 watts) qui cesseront d'être commercialisées le 1er septembre 2012, détrônées par les lampes de nouvelle génération consommant jusqu'à cinq fois moins d'électricité.
Dès le 1er septembre 2009, les ampoules à incandescence de 100 watts disparaîtront des magasins dans toute l'UE, ont tranché lundi des experts des 27 pays européens lors d'un vote.

Un an plus tard, celles de 75 watts connaîtront le même sort, et en 2011 ce sera au tour des 60 watts.

Le 1er septembre 2012 sonnera le glas des ampoules commercialisées pour la première fois à la fin du 19ème siècle par l'américain Thomas Edison. Même les 25 watts et 40 watts seront alors introuvables.

Certaines halogènes les moins performantes (de classe "C" dans le classement européen) cesseront par ailleurs d'être vendus le 1er septembre 2016.

Ces décisions devront encore être soumises pour avis seulement au Parlement européen, pour être ensuite formalisées en mars par la Commission européenne.

Environ 85% de l'éclairage domestique est aujourd'hui considéré comme peu efficace d'un point de vue énergétique.

Or l'amélioration de l'efficacité énergétique de 20% d'ici 2020 est l'un des grands objectifs du plan climat-énergie de l'Union européenne. Des ampoules moins dévoreuses d'électricité constituent une déclinaison concrète de cette ambition.

L'ampoule classique produit de la lumière en portant à incandescence grâce au courant électrique un filament métallique en tungstène.

Très satisfaisante pour la qualité de son éclairage, elle transforme toutefois seulement 5% de l'électricité qu'elle consomme en lumière, le reste se dissipant en chaleur.

Les nouvelles technologies d'halogènes constituent déjà un progrès, permettant de 25 à 45% d'économies d'énergie par rapport aux modèles classiques.

Surtout, la génération d'ampoules "fluo-compactes", dites aussi lampes basse consommation (LBC) fabriquées en Asie, s'avère jusqu'à 80% moins gourmande.

La Commission calcule qu'en troquant les ampoules classiques pour des fluo-compactes, les ménages peuvent économiser 50 euros en moyenne par an. A l'échelle de l'UE, l'économie se chiffrerait entre 5 et 10 milliards d'euros chaque année.

Plus chères à la fabrication et à l'achat, elles ont une durée de vie nettement supérieure.

Reste que ces ampoules pêchent par un composant moins écologique, le mercure, banni des ordures ménagères. En quantité bien moindre toutefois que dans les anciens thermomètres.

Après l'allumage, une ampoule fluo-compacte émet une vapeur de mercure qui provoque un rayonnement ultra violet, avant se de convertir en lumière. Si l'ampoule casse, les fabricants recommandent d'utiliser des gants pour ramasser les bouts et d'aérer la pièce.

Les fabricants affirment avoir réduit leur taille, amélioré la qualité de leur éclairage (plus diffuse que les ampoules traditionnelles), ainsi que leur délai de démarrage, des points qui restent cependant critiqués par les consommateurs.

Les experts de l'UE exigent d'ailleurs des progrès pour ces ampoules, à partir de septembre 2013.

Cette évolution dans l'éclairage, déjà bien amorcée, s'est fait en étroite concertation avec l'industrie. Selon la Fédération européenne des compagnies de lampes (50.000 emplois directs en Europe), les ampoules à incandescence sont fabriquées dans dix usines de l'UE, tandis que six autres produisent des matériaux comme le verre ou les filaments.

Les chaînes de production pourraient s'orienter vers les halogènes plus écologiques, note Bruxelles, en évoquant néanmoins la perte éventuelle de "2.000 à 3.000 emplois".