<font color="#0F1C33">mily: Verdana">Le seuil psychologique des 70 dollars franchi, le prix du baril de pétrole poursuit dangereusement sa chute. A moyen terme, la première conséquence à enregistrer sera sans aucun doute un impact négatif sur les dépenses de l’Etat. Seconde conséquence : la monnaie locale, soit le dinar pour l’Algérie, sera désormais prise en sandwich entre l’euro et le dollar. Décryptage.


mily: Verdana">Les cotations hebdomadaires des billets de banque et des chèques de voyage, valables à compter du dimanche 7 décembre et communiquées par la Banque d'Algérie, font ressortir une nouvelle hausse de la devise vis-à-vis du dinar confortant ainsi les hausses des semaines précédentes. Autrement dit, le dinar a encore connu une baisse de sa valeur vis-à-vis de la devise. Ainsi, à l’achat, un dollar a coûté 85,31 DA et 90,52 DA à la vente, alors que pour l’euro, il a été fixé à 105,54 DA à l’achat et 112,01 DA à la vente.
Le même phénomène est constaté sur le marché parallèle, mais avec un léger avantage pour le dollar qui a vu quelque peu sa cote grimper, alors qu’un euro est stabilisé autour de 158 et 160 dinars. Cette situation considérée comme inédite dénote selon des experts la question financière de la fragilité de l’économie algérienne, totalement indépendante de la mono-exportation. Ces mêmes experts estiment par ailleurs que quand le dinar s’apprécie par rapport au dollar, il se déprécie automatiquement par rapport à l’euro. C’est ce qu’ils appellent la «fluctuation naturelle».
Par contre, si le dinar s’apprécie ou se déprécie par rapport aux deux monnaies en même temps, cela s’appelle une «réévaluation dans le premier cas ou une dévaluation dans le second». Or, dans le cas échéant, le dinar vient de subir une dépréciation par rapport aux deux monnaies. Conséquences logiques de la baisse vertigineuse des prix du pétrole. «Quant au marché informel, la dégringolade est beaucoup plus prononcée, en brassant 40% de la masse monétaire en circulation, soit environ 13 milliards de dollars», selon les chiffres avancés par ces mêmes experts. Les monnaies des autres pays sont aussi sensibles aux cours du pétrole.
Chaque économie est en effet plus ou moins sensible au pétrole. Les pays exportateurs dont la monnaie de référence n’est pas le dollar, verront ainsi leur devise se renforcer lorsque le prix du pétrole monte. C’est le cas du peso mexicain, du dollar canadien et de la couronne norvégienne, trois grands exportateurs de pétrole.
Pour le cas de l’Algérie, la situation se présente autrement, du moment où la monnaie de référence à l’exportation est le dollar. Ainsi, le dinar est une monnaie presque dépendante du dollar, étant donné que les revenus en devises sont issus à 97% des hydrocarbures.
Dans une récente analyse sur la situation monétaire publiée par des médias, l’Association algérienne de développement de l’économie du marché (Adem) avait noté que «la dévaluation du dinar répond à un artifice lié au camouflage du déficit budgétaire».
L’étude de cette association relève qu’«il faut surtout préciser les mécanismes de cotation du dinar par rapport notamment au cours du dollar et de l’euro (…). Actuellement, il existe un écart important entre le cours du dinar sur le marché parallèle (plus de 160 dinars pour un euro) et la cotation officielle (un euro pour 111 dinars) soit près de 40%».
Créé en 1964, le dinar algérien était coté avec le franc jusqu’en 1974, 1 dinar pour 1 franc, et par rapport au dollar 1 dinar pour 5 dollars. Quarante années après (1974-2014), la situation a totalement changé. La relation est désormais complexe. A moins que…

Abder Bettache Alger (Le Soir)