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FIGAROVOX - Selon des chiffres médiamétrie, la cérémonie des César a attiré 300.000 téléspectateurs de moins que l'année dernière. Une audience en baisse que l'écrivain Christian Combaz attribue au rejet de plus en plus massif d'une certaine élite médiatique.


Les récompenses du cinéma français n'attirent plus, à ce qu'on dit, que la moitié du public d'il y a deux ou trois ans. La soirée des Césars, cette année, ne fut que la quatrième audience de la soirée. Il est vrai que la transmission était assurée par Canal Plus en clair, et nul, apparemment, dans le milieu assez fermé des analystes, n'a encore compris que la France traditionnelle ne regarde jamais certaines chaines, par principe, et qu'il n'est donc pas indifférent que ça passe sur Canal ou sur la Deux. Par France traditionnelle, je n'entends pas seulement certaines grand-mères du Cantal ou des Alpes, pour qui rien n'existe en dehors des trois chaines historiques, mais par exemple mon hôte de la soirée, un vieux professeur de médecine parisien qui passe sa vie devant la télévision, et qui est abonné à Canal Satellite, à son corps défendant, comme ancien souscripteur de TPS. Celui-là, personne ne lui ferait regarder Canal Plus en clair, parce qu'il a une mauvaise opinion de la chaîne et qu'il saute directement sur Gulli ou la Quatre, qui programmait ce soir-là les Chevaliers du Fiel.
«On a l'impression d'une espèce de club»
Ce détail mis à part, qui explique tout de même une part de la fréquentation en baisse, la soirée de congratulations du Cinéma français ne l'aurait pas intéressé davantage si une autre chaîne l'avait diffusée. Parce qu'il faut vous dire que mon vieux médecin fait partie des gens à qui «on ne la fait plus». Depuis vingt ans qu'il a pris sa retraite, il est passé, comme nombre de Français, de la naïveté «people», qui aimait bien Bruel et Zazie, au rejet pur et simple. Il passe son temps à prostester quand il voit un «fils de» sur un plateau. Il blâme le népotisme général, il a l'impression que les renvois d'ascenseurs sont permanents et qu'il n'en connaît que le dixième. Il regarde l'émission dominicale de Drucker avec une espèce de rage en accueillant chaque invité sur le ton «alors qu'est-ce qu'il vient nous vendre encore celui-là?».

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