Benbouzid, fondamentalement négatif…




Qui a eu cette idée folle un jour de réformer l'école ? C’est ce sacré Benbouzid...
De réformette en réformette, le système éducatif algérien a fini par sombrer dans la sinistrose, ne laissant aux potaches qu’une école médiocre. Et de l’avis de spécialistes, les grandes erreurs qui ont été commises par les Benbouzid et consort concernent justement la multiplication des programmes et des matières, un aspect « fondamentalement » négatif.

Trop de matières tue les programmes, martelaient encore les syndicalistes du secondaire il n’y a pas si longtemps. Il est vrai que dans les années 1970, par exemple, il existait peu de matières dans les programmes, ce qui permettait aux élèves de se concentrer et partant maîtriser parfaitement les mathématiques, les sciences naturelles et les langues dites vivantes. Il faut rappeler que durant cette même période, l'Algérie se permettait de former des enseignants pour le compte de ses voisins directs, à savoir les Marocains, Tunisiens et Libyens.

Autres temps, autre mœurs. Des calculs d’approche montrent aujourd'hui qu'un étudiant algérien, qui fut bien évidemment un écolier, n'apprend que le tiers de ce qu'un étudiant marocain apprend. L’école exemplaire du Charlemagne algérien, c’est aussi celle du poids du cartable. « Plus le cartable est lourd, mieux les élèves assimilent », semblait- on expliquer du côté du ministère de l’Education. Malheureusement cette autre anomalie a eu des conséquences néfastes sur le rendement des « cobayes » et il aura fallu attendre 2013 pour voir un ministre venir réformer une réforme d’un autre ministre ! Quand l'actuel ministre de l’Education, Baba Ahmed, fait part de son intention d’alléger le poids du cartable qui nuit sensiblement à la santé des élèves, c’est justement pour réformer une décision prise par son prédécesseur.

Et pour alléger le poids du cartable, le ministère entend diviser les livres scolaires en trois tomes. Une idée de génie ! Il s’agira aussi de demander des cahiers moins volumineux, à savoir un 64 pages pour chaque trimestre, au lieu d'un seul cahier de 280 pages. Il faudra cependant s’assurer que les élèves ne perdent pas l’un des cahiers pour pouvoir réviser leurs cours à la fin de l'année.

Cela, c’est pour le poids du cartable. Pour ce qui est des volumes horaires, il est préconisé l'allégement des programmes et du volume horaire des cours. La surcharge qui empêche les enseignants de faire correctement leur travail et les élèves de bien se concentrer sur les cours des classes fait également partie des soucis de la tutelle et des syndicats. Avec une moyenne de 45 élèves par classe, le déficit en matière d'infrastructures scolaires est pointé du doigt. En effet, il est fait état d’un manque de 600 établissements rien que pour le palier du secondaire. Le manque d’enseignants n’est pas en reste puisque le ministère de l’Education a annoncé la couleur.

En effet, quand plus de 12 000 postes viennent à manquer dans les cycles primaire, moyen et secondaire, c’est toute une politique qui est remise en cause. Pour le reste, à savoir l’amélioration et la mise à jour des programmes scolaires, le ministère de tutelle ne prévoit pas grand-chose dans son nouveau projet de réformes…

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