Merci Merci:  8
Likes Likes:  0
Dislikes Dislikes:  0
Affiche les résultats de 1 à 6 sur 6

Sujet : Victor Hugo chante le Prophète de l'Islam


  1. #1
    Membre + Avatar de Hchicha
    Inscrit
    Feb 2011
    Messages
    688
    Récepteur
    bidule2
    TV
    bidule1
    Remerciement / J'aime

    Icon3 Victor Hugo chante le Prophète de l'Islam

    Bonjour

    Je n'ai pu résister au plaisir de faire partager l'admirable hommage qu'à rendu Victor Hugo au Prophète de l'Islam en 1858.
    Les amateurs de biographies et de belles lettres apprécieront.


    L’AN NEUF DE L’HEGIRE
    Comme s’il pressentait que son heure était proche,
    Grave, il ne faisait plus à personne une reproche ;
    Il marchait en rendant aux passants leur salut ;
    On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu’il eût
    A peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire ;
    Il s'arrêtait parfois pour voir les chameaux boire,
    Se souvenant du temps qu’il était chamelier.
    Il semblait avoir vu l’Eden, l’âge de d’amour,
    Les temps antérieurs, l’ère immémoriale.
    Il avait le front haut, la joue impériale,
    Le sourcil chauve, l’œil profond et diligent,
    Le cou pareil au col d’une amphore d’argent,
    L’air d’un Noé qui sait le secret du déluge.
    Si des hommes venaient le consulter, ce juge
    Laissait l’un affirmer, l’autre rire et nier,
    Ecoutait en silence et parlait le dernier.
    Sa bouche était toujours en train d’une prière ;
    Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ;
    Il s’occupait de lui-même à traire ses brebis ;
    Il s’asseyait à terre et cousait ses habits.
    Il jeûnait plus longtemps qu’autrui les jours de jeûne,
    Quoiqu’il perdît sa force et qu’il ne fût plus jeune.
    A soixante-trois ans une fièvre le prit.
    Il relut le Coran de sa main même écrit,
    Puis il remit au fils de Séid la bannière,
    En lui disant : ' Je touche à mon aube dernière.
    Il n’est pas d’autre Dieu que Dieu. Combats pour lui. '
    Et son œil, voilé d’ombre, avait ce morne ennui
    D’un vieux aigle forcé d’abandonner son aire.
    Il vint à la mosquée à son heure ordinaire,
    Appuyé sur Ali le peuple le suivant ;
    Et l’étendard sacré se déployait au vent.
    Là, pâle, il s’écria, se tournant vers la foule ;
    ' Peuple, le jour s’éteint, l’homme passe et s’écroule ;
    La poussière et la nuit, c’est nous. Dieu seul est grand.
    Peuple je suis l’aveugle et suis l’ignorant.
    Sans Dieu je serais vil plus que la bête immonde. '
    Un cheikh lui dit : ' o chef des vrais croyants ! le monde,
    Sitôt qu’il t’entendit, en ta parole crut ;
    Le jour où tu naquit une étoile apparut,
    Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent. '
    Lui, reprit : ' Sur ma mort les Anges délibèrent ;
    L’heure arrive. Ecoutez. Si j’ai de l’un de vous
    Mal parlé, qu’il se lève, ô peuple, et devant tous
    Qu’il m’insulte et m’outrage avant que je m’échappe ;
    Si j’ai frappé quelqu’un, que celui-là me frappe. '
    Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton.
    Une vieille, tondant la laine d’un mouton,
    Assise sur un seuil, lui cria : ' Dieu t’assiste ! '
    Il semblait regarder quelque vision triste,
    Et songeait ; tout à coup, pensif, il dit : ' voilà,
    Vous tous, je suis un mot dans la bouche d’Allah ;
    Je suis cendre comme homme et feu comme prophète.
    J’ai complété d’Issa la lumière imparfaite.
    Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.
    Le soleil a toujours l’aube pour précurseur.
    Jésus m’a précédé, mais il n’est pas la Cause.
    Il est né d’une Vierge aspirant une rose.
    Moi, comme être vivant, retenez bien ceci,
    Je ne suis qu’un limon par les vices noirci ;
    J’ai de tous les péchés subi l’approche étrange ;
    Ma chair a plus d’affront qu’un chemin n’a de fange,
    Et mon corps par le mal est tout déshonoré ;
    O vous tous, je serais bien vite dévoré
    Si dans l’obscurité du cercueil solitaire
    Chaque faute engendre un ver de terre.
    Fils, le damné renaît au fond du froid caveau
    Pour être par les vers dévoré de nouveau ;
    Toujours sa chair revit, jusqu’à ce que la peine,
    Finie ouvre à son vol l’immensité sereine.
    Fils, je suis le champ vil des sublimes combats,
    Tantôt l’homme d’en haut, tantôt l’homme d’en bas,
    Et le mal dans ma bouche avec le bien alterne
    Comme dans le désert le sable et la citerne ;
    Ce qui n’empêche pas que je n’aie, ô croyants !
    Tenu tête dans l’ombre au x Anges effrayants
    Qui voudraient replonger l’homme dans les ténèbres ;
    J’ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funèbres ;
    Souvent, comme Jacob, j’ai la nuit, pas à pas,
    Lutté contre quelqu’un que je ne voyais pas ;
    Mais les hommes surtout on fait saigner ma vie ;
    Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie,
    Et, comme je sentais en moi la vérité,
    Je les ai combattus, mais sans être irrité,
    Et, pendant le combat je criais : ' laissez faire !
    Je suis le seul, nu, sanglant, blessé ; je le préfère.
    Qu’ils frappent sur moi tous ! Que tout leur soit permis !
    Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis
    Auraient, pour m’attaquer dans cette voie étroite,
    Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite,
    Ils ne me feraient point reculer ! ' C’est ainsi
    Qu’après avoir lutté quarante ans, me voici
    Arrivé sur le bord de la tombe profonde,
    Et j’ai devant moi Allah, derrière moi le monde.
    Quant à vous qui m’avez dans l’épreuve suivi,
    Comme les grecs Hermès et les hébreux Lévi,
    Vous avez bien souffert, mais vous verrez l’aurore.
    Après la froide nuit, vous verrez l’aube éclore ;
    Peuple, n’en doutez pas ; celui qui prodigua
    Les lions aux ravins du Jebbel-Kronnega,
    Les perles à la mer et les astres à l’ombre,
    Peut bien donner un peu de joie à l’homme sombre. '
    Il ajouta ; ' Croyez, veillez ; courbez le front.
    Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront
    Sur le mur qui sépare Eden d’avec l’abîme,
    Etant trop noirs pour Dieu, mais trop blancs pour le crime ;
    Presque personne n’est assez pur de péchés
    Pour ne pas mériter un châtiment ; tâchez,
    En priant, que vos corps touchent partout la terre ;
    L’enfer ne brûlera dans son fatal mystère
    Que ce qui n’aura point touché la cendre, et Dieu
    A qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu ;
    Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes ;
    Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes,
    Les chevaux sellés d’or, et, pour fuir aux sept dieux,
    Les chars vivants ayant des foudres pour essieux ;
    Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse,
    Habite un pavillon fait d’une perle creuse ;
    Le Gehennam attend les réprouvés ; malheur !
    Ils auront des souliers de feu dont la chaleur
    Fera bouillir leur tête ainsi qu’une chaudière.
    La face des élus sera charmante et fière. '
    Il s’arrêta donnant audience à l’espoir.
    Puis poursuivant sa marche à pas lents, il reprit :
    ' O vivants ! Je répète à tous que voici l’heure
    Où je vais me cacher dans une autre demeure ;
    Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu,
    Que je sois dénoncé par ceux qui m’ont connu,
    Et que, si j’ai des torts, on me crache aux visages. '
    La foule s’écartait muette à son passage.
    Il se lava la barbe au puits d’Aboufléia.
    Un homme réclama trois drachmes, qu’il paya,
    Disant : ' Mieux vaut payer ici que dans la tombe. '
    L’œil du peuple était doux comme un œil de colombe
    En le regardant cet homme auguste, son appui ;
    Tous pleuraient ; quand, plus tard, il fut rentré chez lui,
    Beaucoup restèrent là sans fermer la paupière,
    Et passèrent la nuit couchés sur une pierre
    Le lendemain matin, voyant l’aube arriver ;
    ' Aboubékre, dit-il, je ne puis me lever,
    Tu vas prendre le livre et faire la prière. '
    Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;
    Il écoutait pendant qu’Aboubékre lisait,
    Et souvent à voix basse achevait le verset ;
    Et l’on pleurait pendant qu’il priait de la sorte.
    Et l’Ange de la mort vers le soir à la porte
    Apparut, demandant qu’on lui permît d’entrer.
    ' Qu’il entre. ' On vit alors son regard s’éclairer
    De la même clarté qu’au jour de sa naissance ;
    Et l’Ange lui dit : ' Dieu désire ta présence.
    - Bien ', dit-il. Un frisson sur les tempes courut,
    Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.
    Victor Hugo, le 15 janvier 1858.
    Dernière édition par Hchicha; 15-02-2012 à 17:03

  2. Merci slimbar, bilyhacker, blida2222, ficat disent merci

  3. #2
    DZSatien Initié Avatar de monaj
    Inscrit
    Dec 2011
    Lieu
    Algérie
    Messages
    629
    Récepteur
    forever 7830 HD
    TV
    LG
    Remerciement / J'aime
    mily: Verdana">
    Le grand poète A. de LAMARTINE
    mily: Verdana">
    écrivait en 1854 (Histoire de la Turquie)
    mily: Verdana">
    A propos du Prophète de l’Islam (Mohammad dit Mahomet)
    « Jamais homme ne se proposa volontairement où involontairement un but plus sublime puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècles après sa prédication, l’Islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l’unité de Dieu, la Perse, le Korassan, la Transoxiane, l’Inde Occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique Septentrionale, plusieurs îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule. Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet (Mahomet dans la littérature classique correspond à Muhammad Prophète de l’Islam (S.A.W.S).) ?Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes.Il a fondé sur un livre dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel (…).Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand (…) ? »

  4. Merci slimbar, bilyhacker, blida2222, ficat disent merci
  5. #3
    DZSatien Motivé Avatar de hmimou
    Inscrit
    Sep 2010
    Lieu
    blida
    Messages
    464
    Récepteur
    geant2000
    TV
    condor led 32
    Remerciement / J'aime
    c'est très beau.
    merci mon frere pour ce poème.

  6. #4
    DZSatien Habitué Avatar de yanouri
    Inscrit
    Oct 2007
    Âge
    57
    Messages
    267
    Récepteur
    ATLAS HD 100
    TV
    lg 42LW4500
    Remerciement / J'aime
    c'est très beau.
    merci

  7. #5
    DZSatien Habitué
    Inscrit
    May 2009
    Lieu
    nimes
    Messages
    113
    Récepteur
    atlas100 hd
    TV
    samsung
    Remerciement / J'aime
    quand on lit la biographie du prophete mohamed (s.a.w) et surtout dite par des gens comme De lamartine,victor Hugo et d'autres, on prend conscience de la grandeur et du travail accompli par notre prophète Mohamed (s.a.w). si vous permettez je vais citer quelques lignes de l'introduction du livre de amour Khaled(sur les trace de mon bien aime)-(mohamed S.a.w). ce sont là des mots plus grands qu'un programme et plus forts qu'un livre ;il s'agit de la vie d'un homme qu'Allah a choisi et élu pour incarner ses desseins sur terre.
    sur les pas du Bien-aimé...
    Il s'agit de pas que le prophète a gravé dans les ames,les cerveaux et les coeurs,au gré des générations qui se succèdent et qui se les transmettent avec fierté et gloire. Ni les jours ne peuvent les changer,ni les discours ne peuvent les effacer.
    Sur les pas du Bien-aimé dans ses relations avec allah,lui qui évoquait Allah dans toutes les circonstances de sa vie,lui qui se levait les nuits pour prier et qui jeunait les jours,lui qui faisait ses dévotions avec humilité et qui mettait sa confiance en son seigneur avec un grand dévouement. Quant à la prière,elle était son meilleur rendez-vous...

    sur les pas du Bien-aimé dans sa personnalité exceptionnelle,lui(S.a.w)qui était clairvoyant,habile,doué d'une grande et phénoménale capacité à régler les problèmes les plus ardus et à vaincre les difficultés,et sur lequel le désespoir n'a aucune prise.
    Sur les pas du Bien-aimé dans sa méthode de réforme et dans ses efforts pour faire triompher l'islam. le voilà préchant la patience a une minorité de ses disciples persécutés; le voilà faisant preuve de reconnaissance dans les moments de triomphe, dévoué dans la transmission du message de son seigeur,respectant scrupuleusement le facteur des étapes et possédant une capacité extraordinaire à s'adapter positivement avec le contexte.
    Sur les pas du bien-aimé dans ses relation avec les gens,lui le sincère et le digne de confiance,le compatissant et le miséricordieux
    ,l'epoux aimant,l'affectueux et l'homme social unique en son genre.
    amrou khaled

  8. #6
    DZSatien Confirmé
    Inscrit
    Apr 2010
    Lieu
    france
    Messages
    52
    Récepteur
    atlas hd200s
    TV
    philips
    Remerciement / J'aime
    merci frère pour ce partage,qu'allah te protège.

Règles des messages

  • Vous ne pouvez pas créer de sujets
  • Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
  • Vous ne pouvez pas importer de fichiers joints
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •  
Nous contacter | DZSat | Archives | Haut de page