C'est une coïncidence, mais, alors que la délégation aux usages de l'Internet lance l'opération « Internet sans crainte » pour sensibiliser parents et enfants aux bons usages d'Internet et à ses dangers, Microsoft annonce l'intégration à Windows Live Messenger d'un logiciel de contrôle parental gratuit. L'outil est en fait l'une des options de la nouvelle version de la messagerie instantanée de Microsoft, mais il fonctionne aussi bien pour les versions précédentes.

Le contrôle parental n'est pas fourni automatiquement, c'est à l'utilisateur, en l'occurrence aux parents, de l'activer au moment de l'installation de la messagerie. Le prérequis étant bien sûr que les parents veillent un minimum aux logiciels que leurs enfants installent sur l'ordinateur… Le contrôle parental est en tout cas disponible sous la forme d'un fichier à télécharger sur une page spéciale de Windowslive.fr.

Des contacts sous surveillance

Le principe de ce logiciel consiste à alerter les parents quand leurs enfants veulent ajouter un contact sur la messagerie instantanée, en envoyant automatiquement une demande d'autorisation par e-mail. Un contact ne peut être intégré que s'il a été validé par les parents. Pour le reste, le logiciel propose des fonctions désormais classiques, comme le blocage de certains sites (via un lien reçu par Messenger) ou le suivi de l'activité en ligne des enfants.Le contenu des conversations reste le domaine des enfants.

« Nous l'avons regardé et nous sommes plutôt satisfaits de ce que Microsoft a réussi à faire », indique Justine Atlan, directrice du développement de l'association E-enfance, dédiée à la protection des mineurs. « MSN a beau être un univers plus fermé qu'un forum ou un chat, il y a toujours des prédateurs qui parviennent à s'y glisser. »

Pour l'association, ce type de logiciel a aussi la vocation, au-delà de sa simple efficacité technique, de permettre à un dialogue de se créer entre les parents et les enfants, d'éduquer ces derniers sur ce que l'on peut dire ou pas sur une messagerie, de leur faire comprendre que tout n'est pas forcément innocent dans l'univers aseptisé des nouvelles technologies, etc.

Cette annonce de Microsoft n'est en fait qu'une énième étape dans un débat engagé depuis quelques années entre les prestataires Internet, les opérateurs mobiles et les pouvoirs publics sur la protection des mineurs sur le Net et les téléphones portables. Demain matin encore, jeudi 15 mai, la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, recevra les fournisseurs d'accès à Internet pour faire un point sur les actions menées et celles à lancer pour améliorer les choses.