Un tribunal parisien a ordonné à cinq fournisseurs d'accès Internet français de bloquer l'accès à treize sites Web contenant des liens vers des contenus piratés. Bien que les blocages de sites pirates ne soient pas nouveaux, il s'agit de la première décision de justice européenne visant les services d'hébergement de fichiers. La commande, qui concerne également des sites de torrents, a été rendue suite à une plainte du groupe anti-piratage local SCPP.

Le blocage de sites pirates est devenu une mesure primordiale pour que les industries du divertissement puissent cibler des sites pirates sur Internet.

La pratique existe depuis plus d'une décennie et s'est progressivement étendue à plus de 30 pays à travers le monde.

C'est également vrai en France, où The Pirate Bay était l'une des premières cibles il y a cinq ans, mais pas la dernière. Plusieurs applications de blocage de sites ont suivi, principalement pour le compte du groupe local de lutte contre le piratage, la Société civile des producteurs phonographiques, ou SCPP, comme on l'appelle plus communément.

L'organisation, qui représente plus de 2 000 sociétés de musique, notamment Warner, Universal et Sony, est également à l'origine des efforts de blocage les plus récents.

Dans trois ordonnances distinctes, un tribunal parisien a récemment ordonné aux fournisseurs d'accès Internet Bouygues, Free, Orange, SFR et SFR Fibre d'empêcher les clients d'accéder à des sites Web piratés.

La première commande vise six services d'hébergement de fichiers relativement petits: Nippyspace.com, Nippyshare.com, Yolobit.com, Nippybox.com, Nippyfile.com et Nippydrive.com. Les sites en question partagent tous le même design simple

Le terme hébergeur de fichiers ou cyberlocker peut avoir un sens large. Dans ce cas, les sites ont également fourni une fonction de recherche, ce qui facilite la recherche de contenu piraté. De plus, Zippyshare n’est pas étranger à l’industrie de la musique, car la RIAA l’a précédemment décrite comme un site pirate «notoire».

Bien que SCPP n'ait pas répondu à notre demande de commentaire, le groupe anti-piratage finlandais TTVK note que la décision est unique, car il s'agit de la première décision de justice qui oblige les FAI à bloquer un service d'hébergement de fichiers en Europe.

«La décision du tribunal français confirme l'opinion selon laquelle les ordres de blocage devraient être disponibles pour tous les services de contenu piratés, quelle que soit la technologie utilisée», a déclaré Jaana Pihkala, directrice générale de TTVK.

Les deux autres commandes, publiées le même jour, visent les sites de torrent Torlock.com, Toros.co, Bittorrent.am, Seedpeer.me, Yggserver.net et Yggtorrent.ch, ainsi que le site de liaison 2DDL.vg. .

Fait intéressant, NextInpact note que la cour a suggéré que l’utilisation du mot «BitTorrent » suppose de mauvaises intentions, car le protocole de partage de fichiers est souvent associé au piratage. Ceci est plutôt large, car il existe également de nombreux services BitTorrent légitimes.

Source : TorrentFreak