Le siège de la chaîne de télévision privée Al-Aseema TV a été la cible, mardi 11 février à Tripoli, d'une attaque armée. Selon une source d'Al-Aseema, trois roquettes RPG ont été tirées sur la bâtiment d'où s'élevait une colonne de fumée. Un gardien aurait été légèrement blessé, selon la même source.

Un journaliste de l'AFP a entendu des tirs d'armes légères autour du bâtiment durant quelques minutes vers 0 h 30, avant que trois explosions ne secouent le siège de la télévision situé dans le quartier de Gurji, près du centre de Tripoli. Après l'attaque, la chaîne diffusait toujours des programmes enregistrés.
Al-Aseema, connue pour être anti-islamiste et proche des libéraux, avait été déjà la cible d'une attaque en mars 2013. Un groupe armé avait pris d'assaut le siège de la télévision, saccagé les locaux et enlevé le propriétaire et des présentateurs de la chaîne, avant de les libérer successivement plusieurs heures plus tard.

INQUIÉTUDES DE RSF
La chaîne est régulièrement critiquée ces derniers jours par les islamistes, qui l'accusent d'inciter la population à manifester contre le Congrès général national (CGN, parlement) après sa décision controversée de prolonger son mandat qui devait s'achever initialement le 7 février.
Mercredi dernier, les sièges de deux chaînes privées avaient été pris pour cible par des hommes armés à Benghazi, deuxième ville du pays et berceau de la révolte ayant mis fin au régime Kadhafi en 2011, théâtre de plusieurs enlèvements et d'assassinats, notamment de journalistes. Début décembre, le directeur et propriétaire d'une radio privée avait été tué par des inconnus dans des circonstances toujours non élucidées.
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a condamné à plusieurs reprises les attaques visant des journalistes en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, appelant les autorités à les protéger.
RSF avait ainsi fait état « de menaces graves de la part de milices à l'encontre de journalistes, largement à Benghazi, mais aussi à Tripoli et dans d'autres villes du pays ». Lundi soir, un journaliste de l'agence de presse officielle libyenne JANA (Jamahiriya News Agency) avait été enlevé par des hommes armés à Tripoli, avant d'être libérés plusieurs heures plus tard.

lemonde.fr