ALGER, 27 mars 2014 (AFP) - Une nouvelle loi sur l'audiovisuel autorisant pour la première fois la création de chaînes de télévision privées est entrée en vigueur en Algérie après sa parution au journal officiel, a annoncé jeudi l'agence de presse APS.
Ce texte adopté en janvier par le Parlement, met fin à un monopole de plus de 50 ans du secteur public sur l'audiovisuel.
La loi avait été vivement critiquée par l'opposition qui lui reproche d'imposer aux futures chaînes de télévision privées d'être thématiques, et de limiter leurs émissions d'information.
Le texte s'inscrit dans le cadre des promesses faites par le président Abdelaziz Bouteflika en avril 2011, en réponse à un vague d'émeutes suivies de plusieurs semaines de manifestations en Algérie, dans la foulée du Printemps arabe.
Il existe actuellement en Algérie cinq chaînes de télévision, sept radios nationales et 48 radios locales, toutes publiques.
Le gouvernement avait autorisé provisoirement en avril 2013 plusieurs chaînes de télévision satellitaires de droit étranger, qui opéraient de facto dans le pays depuis 2011, à ouvrir des studios à Alger.
Fin décembre, il a prorogé ces autorisations provisoires jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi.
Parmi ces chaînes, Al Atlas TV, très critique envers le pouvoir, avait cependant cessé d'émettre le 12 mars au lendemain d'une perquisition.
Les responsables de la chaîne ont dénoncé une vengeance après des émissions très critiques envers le pouvoir avant la présidentielle du 17 avril.
La télévision publique est régulièrement accusée de n'exprimer que les vues officielles et de soutenir le président Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un quatrième mandat à l'âge de 77 ans, après 15 ans de pouvoir.
Les partisans de M. Bouteflika ont lancé dimanche, premier jour de la campagne électorale pour la présidentielle qui se poursuivra jusqu'au 13 avril, une chaîne de télévision privée de droit étranger, Wiam TV, pour promouvoir sa candidature.


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